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ZBORUL. VIS ŞI DESTIN
Par: GEORGE IOANA

Nous connûmes au mois de mai

Nous connûmes au mois de mai
Et comme je t'aime
Ma belle Théodora,
Je voudrais que tu me donnes déjà
Ton sublime baiser
Au yeux de tout le monde.

Le printemps est dans mon âme!
De ton charme et de ton parfum
J'ai fait mon credo
Et de ma jeunesse errante
Ni même les cendres sont restées,
Je sens le passé à travers un brouillard.

Je te vois dans mes rêves, dans un jardin
Aux vieux tilleuls et aux milliers de fleurs
Sur la rive ombragée du lac
Regarder l'eau cristalline
Et sentir les frémissements de l'amour.
Je me sens heureux.

Tu sieds dans l'herbe soyeuse
Et tends ta main vers le lac
Pour compter les fleurs de nénuphars…
Je te sens si belle!
Je te regarde toujours et je me tais.
Je commence à souffrir en te regardant.

…Les zéphyrs se bercent dans les rameaux
Et la feuille des tilleuls se plie;
Tu, me regardes rougissante…
Tu es au neuvième ciel
Et voudrais sentir l'instant divin
Du beau rêve de jeune fille.

Nuit de mai

Les chrysanthèmes dorment
dilemmes,
dans les gémissements de la glaise ;
dans le tremblement des cils!

Le vent s'approche
et siffle dans les feuilles.
Le silence vainc.
L'eau murmure
lorsque la vague heurte la rive,
réveille la terre.

La lune se cache parmi les feuilles
et les nuages.
Les flagrances s'élèvent de l'herbe,
des fleurs.
Un profond silence
de pierre
se fit.

Dans la vallée ombreuse,
lorsque les cigales aux cithares brisées,
répandent leurs trilles dans l'air
naît la quenouille de l'aube.
Les châteaux de nuages s'élèvent
et mettent à la voûte des confins de brouillard.

La lune flotte sur les ailes du vent,
et étend sa lumière,
lorsque le frémissement de l'aube
aux milliers de couleurs
enveloppe la terre.

Le bruit du jour, se répand sur la vallée,
sur les montagnes et sur les collines.
A l'aide des vagues,
l'eau heurte plus acharnée les rives.

L'herbe se berce, dans les chansons des oiseaux
dans le frémissement du vent.
Et le jour,
né de son sommeil d'une nuit,
enveloppe la terre entière!

Une pomme d'or

Ma chanson este volée comme un moineau,
sur un rameau chargé de neige.
Les étoiles se sont dépouillées de l'eau et du gel
et les traces des griffes y sont demeurées
comme les chaînes aux mains des forçats.

Le rameau n'avait jamais donné des fruits
mais il souhaitait une pomme d'or
pour chasser l'hiver qui le poursuivait
et que les chansons des oiseaux ne laissent plus sur lui
les traces des griffes blessées.

Ma chanson este volée, alouette,
les rayons du soleil lui ont promis la vie,
donnée par des trilles charmés aux bois,
réveillés du long sommeil de l'hiver.
Lorsqu'il l'entendit, le rameau se dépouilla
de son habit de gel, sourit au soleil
et donna une pomme d'or.

Il y a trois jours qu'il pleut

Il y a trois jours que la pluie est tamisée par le vent.
Les nuages sont invisibles, de même que le tamis.
Le ciel est grisâtre, les horizons sont grisâtres.
Le brouillard enveloppe tout, les chaumes, les maïs,
parmi lesquels l'eau ramassée en ruisseaux,
coule entre la boue et les fourmilières
cherchant une vallée pour s'amasser
l'herbe, le fange, la récolte et les espoirs posthumes…
Il y a trois jours qu'il pleut sans cesse.
Les yeux cherchent le ciel, invisible à l'horizon…

La moisson

Les champs murmurent une chanson connue.
Les moissonneurs entendent son appel,
et les mains courent invisibles,
marchant en files jusqu'à l'horizon.

Sur l'échelle du ciel apparaît lentement,
le soleil rouge, épiant les champs;
Les épis de maïs murmurent un menuet
lorsqu'ils touchent la terre fraîche.

On devrait les voir rire de tout leur cœur
les épis de maïs entassés,
et leur rire se diffuser en sourdine
vers les autres milliers de camarades.

Et les gens, plus gais que jamais,
suent jusque le soleil disparaît,
Et tournent le soir vers le village, rêvant
et pensant à la prochaine moisson.

Traduit en français par Vlad Copil


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